Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

La coiffe des gardes de la reine

Gardant notamment Buckingham Palace, ils sont connus pour rester inflexibles face aux facéties des visiteurs. Qui ? Les gardes de la reine, évidemment. Ces gardes sont assez difficiles à rater tant leur tenue rouge et leur coiffe noire imposante dénotent dans le paysage. Cette coiffe nommée Bearskin, historiquement fait en peau d'ours bruns du Canada (que l'association PETA veut remplacer par du synthétique) a toutefois une origine assez intéressante. 

En pleine guerre napoléonienne, l'Empire s'étend. La grande armée impériale se tourne désormais vers le Royaume Unis. Une bataille mythique eut lieu, celle de Waterloo où nos voisins d'Outre-Manche mirent en déroute les armées de l'Empereur.  Les hussards de l'armée impériale et notamment les grenadiers impériaux avaient cette grande coiffe (ce qui deviendra le bearskin) qui leur servait à se démarquer sur les champs de batailles, à en imposer davantage et avoir l'air ainsi plus intimidant, et ça offrait une protection contre la météo. La photo d'illustration est d'ailleurs un grenadier impérial, François-Isodore Darquier. Les anglais leur ravirent leur chapeau et les portèrent en signe de victoire, pour narguer l'adversaire. Ils avaient vaincu les armées de l'Empereur. Ils les avaient dépouillé et portaient leur chapeau. Gloire aux Anglais ! C'était les plus forts, les meilleurs. En souvenir de cette grande victoire, ils en firent des reproductions en ours brun de Canada et continuèrent à les porter jusqu'à devenir le symbole que l'on connait aujourd'hui.  

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Illégal de prendre une photo de la tour Eiffel éclairée le soir

Ah, Paris,  ville touristique par excellence avec sa mythique tour Eiffel, construite pour l'exposition universelle de 1889. C'est depuis devenu un symbole de la France et les foules s'y amassent pour se prendre en photo avec le célèbre monument. Et pourtant, saviez-vous qu'il est techniquement illégal de prendre la tour Eiffel éclairée de nuit ? Comment est-ce possible ? Créé en 1889, la tour doit bien être dans le domaine public depuis. Tout à fait, ce qui explique qu'il y a maintenant plein de réplicats de tour Eiffel. Par contre, l'éclairage nocturne lui est toujours protégé. 

Datant de 1985, les 280 projecteurs et les 20 000 ampoules qui illuminent chaque soir la tour Eiffel constitue une oeuvre à part entière. Ainsi, de facto, elle est protégée par le droit d'auteur, jusqu'à 70 ans après la mort de son auteur. Par conséquent, il faut donc demander une autorisation et potentiellement versée des droits pour l'utiliser. Pour un usage commercial et professionnel, c'est évident mais toutes les personnes qui prennent des photos avec la tour Eiffel la nuit sont-elles en illégalité ?! Non, pas vraiment. Le droit à l'image n'a jamais interdit de prendre des photos (contrairement à une idée reçue) mais de la diffuser. Si on en fait un usage personnel et qu'on ne la diffuse pas, alors, on ne peut être sanctionné. Le problème actuel est la tendance à diffuser les dites photos sur les réseaux sociaux car là, on est dans la diffusion et effectivement l'autorisation de la SETE (Société d'Exploitation de la Tour Eiffel) est nécessaire et cette dernière peut nous tomber dessus. Qu'on soit clair, ceci est la théorie. C'est un monument tellement photographié qu'ils n'ont pas les moyens de surveiller, contrôler et sanctionner tout le monde. Cependant, c'est bel et bien interdit de diffuser une image de la tour Eiffel éclairé sans autorisation. 

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Le président fédéral allemand

Si je vous demandais « quel est le chef de l’État allemand, ou pour être exact, de la Fédération d’Allemagne ? Qui est donc la première personne de l’État ? », me répondriez-vous le Chancelier ? Car après tout, qui souffle le chaud et le froid sur le pays, avec qui négocie-t-on, si ce n’est avec le Chancelier.  Et ceci s’explique parfaitement par le fait que le Chancelier est à la tête de l’exécutif allemand, c’est-à-dire, le gouvernement. Toutefois, cela ne fait pas de lui le chef de l’État ni la première personne de l’État. Cela revient à nul autre que le président fédéral, nommé Bundespräsident. Car oui, l’Allemagne a bel et bien un président. En 2018, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est Frank-Walter Steinmeier qui occupe ce poste.

Élu pendant 5 ans au suffrage indirect par l’Assemblée fédérale (c’est-à-dire, le Parlement allemand plus des élus délégués de chaque Länder), le président fédéral est considéré comme neutre politiquement car étant au-dessus des partis. Ce dernier ne doit d’ailleurs n’occuper aucun emploi ni aucune autre fonction électorale le temps de son mandat afin de garantir son indépendance. Il est le garant des institutions et représente l’État fédéral d’Allemagne. C’est lui qui signe, délivre et promulgue toute loi fédérale, qui nomme et révoque le Chancelier, les ministres fédéraux, les juges fédéraux, les fonctionnaires fédéraux, les officiers et les sous-officiers, qui accrédite les représentants diplomatiques, qui a le droit de grâce, qui a le droit de dissolution du Parlement allemand, de convoquer celui-ci et la Commission sur le financement des partis, de déclarer l’état de défense. Cela fait quand même pas mal de prérogatives importantes pour un personnage dont on ne parle jamais, vous ne trouvez pas ? Comment cela se fait-il ? Car c’est un peu comme le système anglais avec la Reine. Tout est fait en son nom, c’est elle qui promulgue les lois, nomme et révoque les Premiers Ministres, etc, mais en tant que tel, son rôle n’est pas politique. Elle est là pour représenter l’État. Ainsi elle reste neutre et tient une fonction honorifique et administrative. C’est semblable en Allemagne au détail que ce n’est pas un roi mais un président.      

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Église, Cathédrale ou Basilique

Suite à mon précédent article où je parlais de la Basilique de Saint Jean de Latran, une question a émergé. Je parle tantôt de Basilique, tantôt de Cathédrale et c'est une église... Ces mots ne sont pas interchangeables ni synonymes mais en l'occurrence, Latran est les trois. Cependant, qu'est-ce qui distingue une basilique d'une cathédrale ou d'une église ?

Tout d'abord, sachez que peu importe si c'est une basilique ou une cathédrale, tout est une église. Une église est un édifice voué à accueillir du monde pour prier et pratiquer sa religion via divers rites (messe, mariage, baptême...). Elle est ouverte à tous et accessible au public. Toute "église" se trouvant dans un domaine privé ou avec un accès restreint (chateau, école mais aussi monastère...) est une chapelle. Du moment qu'on a un lieu de culte voué à accueillir les fidèles et où officie un membre du Clergé (typiquement un prêtre) alors c'est une église. Toutefois, il y a des églises plus ou moins importantes ou avec des statuts particuliers.

Une communautée de fidèles qui se retrouvent de façon stable dans une église forme ce qu'on appelle une paroisse qui est une des plus petites subdivisions territoriales religieuses. Au niveau au dessus, on trouve le diocèse, qui est présidé par un évêque.  Celui-ci, comme tout membre du Clergé est rattaché à une église. Son siège, nommé cathèdre, se trouve donc dans une église qui obtient l'appellation de cathédrale. Au niveau dessus, nous avons la primatie, du latin prima sedes episcoporum, soit "premier parmi les évêques".  Le primat étant rattaché à une église, celle-ci prend alors le nom de Primatial. 

Et la basilique dans tout ça ? C'est une dignité particulière attribuée par le Pape. Des églises peuvent être d'une grande importance, que cela soit physique étant massive architecturalement parlant, dans une ville importante avec une immense communauté (tel le Sacré Coeur de Paris), ou que cela soit symbolique tel un lieu de pèlerinage, un lieu où un miracle a eu lieu (la basilique de l'Immaculée-Conception à Lourdes) . Les Papes peuvent alors souligner ce caractère particulier en lui donnant la distinction de basilique. Il y a 4 basiliques majeurs à Rome et d'autres très anciennes qui ne sont pas le fruit d'un pape mais qui le sont de fait, comme la basilique Saint Pierre de Rome (où se trouve le tombeau de Saint Pierre).

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Le chanoine honoraire de Saint Jean de Latran

Parmi les 4 basiliques majeures se trouve la basilique du Très-Saint-Sauveur et des saints Jean Baptiste et Jean l'Évangéliste, au Latran, plus communément appelé la Basilique de Saint Jean de Latran. Construite en 320 après J.-C., elle est la plus ancienne église monumentale et est considérée comme la "mère" de toutes les églises de Rome et du monde. Elle est la cathédrale de l'évêque de Rome, qui n'est nul autre que le Pape en personne. C'est donc un édifice d'une importance colossale et elle ne reconnait qu'un seul et unique chanoine honoraire. Celui-ci n'est autre que le président de la France. Les chanoines sont les membres du Clergé, regroupés dans ce qu'on appelle des "chapitres", qui travaillent au service d'une église, qu'ils soient ecclésiastiques ou laïcs.  Même si ce n'est qu'honorifique, c'est une distinction unique, un prestige réservé au dirigeant de la France... Qu'a-t-on donc fait pour mériter cela ? 

Louis XI, l'Universelle Aragne, était un roi de France au puissant réseau diplomatique. Ce dernier voulant faire un geste pour l'Église romaine céda des droits de l'abbaye de Clairac en Aquitaine au chapitre de Saint Jean de Latran en 1482. En effet, à la même époque, le protestantisme se développait et il fallait des gages de bonne foi. Cela n'empêcha toutefois pas les Guerre de Religions d'éclater. Les protestaient avaient conquis la région et empêchaient les membres du chapitre de Latran de retirer les revenus qui leur revenaient de droit. Autant dire que la cathédrale du Pape était triste :(  . Henri IV était un protestant et pour devenir roi de France, il n'eut d'autres choix que de se convertir. Pour améliorer ses relations avec le Saint Siège, il confirma les droits données au Chapitre de Latran sur l'abbaye de Clairac et s'arrange pour qu'ils puissent en récupérer les bénéfices (comprendre, les revenus). L'Église était tout de suite plus contente. Un prétendant au trône protestant en moins, un roi catholique en plus et par dessus le marché, des revenus supplémentaires. Ils étaient très heureux. Pour le féliciter, la basilique de Saint Jean de Latran. fit du roi de France le "seul et unique chanoine honoraire", ils érigèrent même sa statue à sa gloire et ils célébrèrent chaque 13 décembre (qui était l'anniversaire de Henri IV) une messe spéciale pour la prospérité de la France. La Révolution française vint casser cela. Tous les biens du Clergé sont nationalisés, le Chapitre n'a plus aucun droit sur l'abbaye de Clairac..... Mais la tradition perdure. Le président de la France est toujours chanoine honoraire de Latran, dans le chapitre, il y a toujours un abbé de Clairac et la messe est toujours célébrée. 

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1 n'est pas un nombre premier

Un nombre premier est un nombre divisible uniquement pour lui-même et par 1. C'est le cas du nombre 1, donc 1 est premier. CQFD. Voilà comment certains défendent que 1 est un nombre premier lorsque la question leur est posé. Hélas, comme l'affirme le titre, je vous assure que 1 n'est pas un nombre premier et l'erreur se trouve dans la définition incomplète donné à un nombre premier cité au dessus. Celle qu'on m'a apprise à l'école est la suivante "Un nombre premier est un nombre divisible par exactement 2 diviseurs, 1 et lui-même". Il faut donc que le nombre ait en réalité deux diviseurs. Or 1 n'a qu'une seul diviseur dans l'ensemble des entiers naturels N, c'est lui-même. Une autre définition est qu'un nombre premier est un nombre supérieur ou égal à 2  n'ayant comme diviseur que 1 et lui-même. Ainsi la définition est très claire et est spécifiquement et sciemment tournée pour refouler le nombre 1 de l'ensemble des nombres premiers. 

Et pourquoi a-t-on fait cela ? Car on ne fait pas des définitions tortueuses juste pour le plaisir d'embêter les gens. Les maths sont déjà suffisamment détestés (hélas) pour qu'on ajoute inutilement de l'eau dans le moulin de ces détracteurs. L'argument plus haut n'est pas un argument d'autorité. Ce n'est pas "ça a été décrété ainsi par les grands penseurs mathématiques donc tu te tais et tu appliques bêtement". Et je comprends que l'argument "Par définition, 1 n'est pas un nombre premier" ne vous convienne pas, donc on va chercher plus loin. On définit des groupes et ensemble par commodité, car ils ont des traits ou comportements commun. Par exemple, si je définis les nombres entiers pairs comme étant tout nombre dont la division par 2 donne un nombre entier, alors je sais que tous nombres de cet ensemble "nombre entier pair" est divisible par 2. C'est pratique et nous permet d'attribuer certains théorèmes et certaines propriété qui s'expliquent simplement sur cette ensemble là. Par exemple, lorsqu'on additionne ou multiplie deux nombres entiers pairs, le résultat est forcément pair. C'est simple, il n'y a pas d'exceptions, c'est facile à démontrer, ça passe comme une lettre à la poste. Et cela ne remet pas en cause toutes les capacités et propriétés des autres nombres (typiquement les impairs, les rationnels, les irrationnels...). Il y a un procédé qu'on aime bien en mathématique et qui s'appelle la décomposition en nombre premier. Ce n'est pas un petit truc, on l'appelle carrément le théorème fondamental de l'arithmétique. Donc c'est quelque chose d'assez important tant c'est "fondamental" et beaucoups d'autres théorèmes en dépendent. Ce dernier énonce "tout entier strictement positif peut être écrit comme un produit de nombres premiers d'une unique façon, à l'ordre près des facteurs". Tout nombre entier positif peut est réduit à une multiplication de nombre premier unique. L'unicité est quelque chose d'important car grâce à la décomposition en nombre premier, on est capable d'identifier un nombre. 12 se décompose comme tel 2 x 2 x 3 et c'est la seule façon de l'écrire sauf en changeant l'ordre des opérations, la multiplication étant commutative (2 x 2 x 3 = 2 x 3 x 2)  ou en jouant avec les puissances (2 x 2 x 3 = 2² x 3). Donc peu importe l'ordre, un 2, un autre 2 et un 3, ça identifie 12. Jamais un autre nombre ne se decomposera comme cela. Et c'est très pratique pour bien des choses. Si maintenant, on considère 1 comme un nombre premier. On perd cette unicité. Car on aura 2 x 2 x 3 puis 1 x 2 x 2 x 3 puis 1 x 1 x 2 x 2 x 3 et on peut continuer pendant longtemps.  Alors, on aurait totalement pu modifier le théorème fondamental de l'arithmétique pour dire qu'il se décompose en multiple de nombres premiers non plus uniques ou bien qu'on ignore arbitrairement le 1. On aurait pu. Mais les grands mathématiciens ont préféré tout simplement exclure 1 des nombres premiers pour éviter par la suite de mettre plein d'exceptions dans d'autres théorèmes liés au théorème fondamentale. Les définitions de groupes et ensembles étant là pour nous faciliter la vie, autant ne pas se priver. C'est donc pour cette raison que 1 n'est pas considérer comme un nombre premier.

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Le secret bancaire suisse

26 octobre 1932, 16h10, Champs Élysée, Paris, une vaste descente de police s'organise. Mené par le commissaire Barthelet, les policiers pénètrent dans une des succursales de la Banque commerciale de Bâle. À l'époque, la France n'aimait pas voir partir ces capitaux à l'étranger. Pour dissuader les gens d'une telle pratique, une taxe de 20% était appliquée pour tous revenus de placements à l'étranger. La plupart des banques coopéraient avec les autorités fiscales mais les banques suisses se veulent discrètes, en leur opposant le droit d'obligation et le droit civil sur la discrétion entre les contractants  et la protection de la propriété privé. Du coup, la France soupçonna de nombreuses personnalités françaises d'évasion fiscale en tenant des avoirs en Suisse sans les déclarer. Ce coup de filet est alors lancé et la pêche fut plutôt bonne. Dès la descente, ils tombèrent sur un sénateur qui n'avait rien déclaré mais surtout 10 carnets qui listaient pas moins de 2000 noms d'évadés fiscaux.  Ils saisirent également 245 000 francs en liquide (soit environ 160 000€ d'aujourd'hui). La rumeur de cette descente se répand et les médias cherchent à savoir les noms des coupables. Le Ministre de l'Intérieur se refuse à divulguer les noms et le Ministre des Finances jure qu'il n'a pas eu cette liste donc il l'ignore. Leurs vaines résistances ne firent que repousser l'inévitable, le député Fabien Albertin demanda le 10 novembre 1932 à faire un discours à l'Assemblée Nationale. Ancienne avocat, il fait une superbe plaidoirie et énonce aux comptes gouttes de son discours les noms des personnes les plus illustres figurant sur ces carnets. 3 sénateurs, une douzaine de généraux, de nombreux magistrats et même deux évêques. Le privé n'est pas en reste car on a de grands industriels comme les frères Peugeot, des directeurs de journaux (le Matin et l'Ami du Peuple). Il dénonce avec ferveur et verbe l'exil fiscal des plus riches et les paradis fiscaux qui les assistent au lieu de les dénoncer comme ils le devraient.

Cette intervention lança une immense crise sur fond de scandale financier. La France demanda des comptes à la Suisse et exigea d'avoir accès à l'intégralité des livres de la Banque commerciale de Bâle. De nombreux français ayant des comptes en Suisse les retiraient rapidement et face à l'ampleur donnée par la presse à cette affaire, même les clients étrangers, ne voyant plus le système suisse comme fiable, le dessertaient. Car malgré leur "discrétion", cela ne faisait guère le poids face aux tribunaux et aux pressions exercées par les différents pays d'Europe qui suivirent la France dans sa démarche. Les banques suisses connurent de fortes difficultés suite à ces retraits massifs. La Banque d'escompte de Genève ne tiendra pas et fera faillite. Les banquiers suisses réalisent qu'ils ne sont pas immortels et que comme toute entreprise, ils peuvent couler et disparaître. Ainsi, face à ces événements, ils demandèrent une réaction des autorités suisses pour les protéger. Cela aboutit à la nouvelle loi bancaire de 1934 qui, en son article 47, sacralisa le secret bancaire et le fixa dans la loi pénale. Désormais, toutes banques suisses qui divulguera des informations sur ses clients seront accusées d'actes criminels et ce, même si c'est une succursale à l'étranger. 

Le secret bancaire est donc une conséquence de l'action française. C'est beau. Mais bon, du coup, aujourd'hui, il y a toujours autant d'évasions fiscales. Donc ce n'est pas vraiment comme si notre action avait porté ses fruits. 

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L'Homme descend-il vraiment du singe ?

Vous avez déjà dû entendre comme moi cette fameuse phrase : "l'Homme descend du singe". Celle-ci est tout à fait vrai lorsqu'on parle de la chasse ou de la déforestation. Toutefois, si on parle génétique, cela est totalement faux. Nous sommes cousins très éloignés avec les singes. Cela signifie que si on remontait la généalogie des singes et des Hommes, nous arriverions à un ancêtre commun. Et cela est tout à fait vrai. Nous partageons un ancêtre commun avec ces derniers. Mais c'est tout. Depuis chaque branche a évolué indépendamment, de mutation en mutation et cela a abouti à des singes d'un côté et des Hommes de l'autre.

Cela serait comme dire "Les dauphins descendent du singe" car ces deux animaux sont des mammifères et ont donc un ancêtre en commun. Il y a un facteur commun (dans le cas des mammifères, c'est l'allaitement) et depuis, ça s'est séparé, des différences sont apparues (plutôt drastiques car un dauphin ne ressemble guère à un singe) et cela a abouti aujourd'hui à ces deux animaux. Alors certes, comme on est peu éloigné dans la hiérarchie, notre ancêtre commun est plus proche entre l'humain et le singe que le singe et le dauphin, et donc il y a moins de différences. Mais nous ne sommes pas une sous-branche des singes, nous sommes tous deux des primates. Il y a eu une scission à un moment et d'un côté, ça a donné les Hommes et de l'autre, les singes. Ainsi, bien que nous avons beaucoup de notre génome en commun, Il est alors incorrect de dire que l'Homme descend des singes. 

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Les premiers signes des cornes, le geste des rockers

Le signe des cornes consiste à dresser son index et son auriculaire pendant que les autres restent contre la paume de la main. C'est un symbole de reconnaissance, d'approbation et de complicité entre fans de rock en tout genre (du rock, hard rock, metal, heavy metal, etc). Popularisé entre autre par le chanteur de Black Sabbath, Ronnie James Dio, ce geste devient populaire dès le XXe siècle... Et pourtant, on a des gravures de la Grèce Antique, avec des personnes faisant ce signe. Comment est-ce possible ? Spoiler alert, le rock n'existait pas à l'époque donc l'explication doit être tout autre. 

Pasiphaé est la reine de Crêtes et l'épouse du roi Minos. Cette dernière décida d'avoir une relation sexuelle avec le taureau crétois, cadeau de Poséidon à Minos pour qu'il le sacrifie (ce  qu'il ne fit pas et provoqua la colère du dieu). De cette relation naquit le minotaure, créature mi-Homme, mi-taureau. Et le rapport avec notre savoir du jour ? Cela jeta l'opprobre et la honte sur le roi Minos qui se fit cocu par un taureau. Le peuple rappela au roi la relation adultère de sa femme en faisant ce signe des cornes, en référence au taureau. Il signifiait "Ta femme t'a trompé avec un taureau". De là, c'est devenu un symbole d'infidélité et se propagea comme tel dans toute la Grèce et l'Italie. C'est devenu synonyme de "cocu". Et les représentations de l'époque où ce signe apparait prennent donc ce sens. 

Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Ce n'est pas là l'origine du signe des rockers. Ronnie expliquait son signe par le fait que sa grand-mère italienne l'utilisait pour faire fuir le mauvais sort. C'est surement également une déclinaison du signe hippie ILY où le pouce y est également dressé et voulait dire "I Love You" soit, je t'aime, lui même tiré du mot amour dans la langue des signes. Mais il est assez rigolo de voir que ce signe a déjà été utilisé dans l'Histoire avec une toute autre signification. 

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