Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

Le CDI, un emploi stable illimité dans la durée ?

Lorsque l'on parle du Contrat à Durée Indéterminée (CDI), on imagine souvent une situation stable avec la garantie de l'emploi (à moins évidemment de faute grave et sauf licenciement économique). On pense directement à la sécurité offerte par ce type de contrat. Tant que l'on fait correctement son travail, on reste advitam aeternam . Contrairement au Contrat à Durée Déterminée (CDD), il n'est pas limité dans le temps donc on peut travailler sereinement sans l'inquiétude de chercher un prochain contrat pour l'après... Oui et non.

Oui, la plupart des CDI sont comme ça, mais non, tous les CDI ne sont pas comme ça. Imaginez, vous êtes une entreprise du Batiment et Travaux Publics (BTP).  Vous avez besoin de peintres, d'électriciens, de maçons, d'architectes... Vous pouvez avoir tout cela en tant que salarié au CDI. Mais là, c'est bien quand vous avez des projets qui vont bien, quid quand le carnet de commande est vide et/ou quand toutes les branches de métiers de vos salariés ne sont pas concernés ? Vous payerez plein de gens en intercontrat pour rien. Et le BTP est très instable comme domaine. Donc mieux vaut prendre ces personnes uniquement dans le cadre d'un chantier. Prendre des sous-traitants impose que ces derniers soient à leur compte. En outre, en tant qu'indépendant lié par une prestation commerciale, vous aurez moins la main sur eux (pression, fidélisation, disponibilité...) et ils prendront une commission en plus car faut bien qu'ils aient une marge. Les prendre en CDD alors ? Oui mais il y a la prime de précarité qui impose en fin de contrat de donner 10% de l'ensemble de ce que le salarié a percu durant le CDD. Par exemple, j'ai un salairié en CDD à 1 500€ que j'utilise pour un chantier d'un an, je devrais lui donner à la fin de son contrat 1 800€, soit plus d'un mois de salaire offert juste car c'est un CDD. Et là, on parle d'un salarié. Pour un chantier, il m'en faut beaucoup plus donc ça monte très vite.

Ainsi, on a créé une exception pour eux. C'est ce qu'on appelle le CDI de chantier ou plus simplement, le contrat de chantier. C'est un CDI avec une durée indéterminée sans date fixe, mais qui est limité dans le temps par l'exécution du chantier et n'ouvre pas droit à la prime de précarité. Une fois le chantier terminé, le contrat cesse et d'une certaine façon, vous êtes virés (car vous étiez salarié avant et vous ne l'êtes plus désormais).  Je chipote, me diriez-vous. Ce n'est qu'une exception infime... Non, ça, c'est historique. Sauf que le MEDEF a milité de longues dates pour son élargissement comme par exemple dans l'aéronautique ou dans l'informatique. Et le gouvernement d'Edouard Philippe y a tendu une oreille favorable. Lors des ordonnances de la réforme du travail entrées en vigueur le 1er janvier 2018, un nouveau type de contrat a vu le jour et se nomme le CDI de projets, ou plus simplement le contrat de projet. Et celui-ci est une extension du contrat de chantier. Ainsi, lorsque vous cherchez un emploi et que vous regardez les offres, vérifiez bien que ce qu'on vous propose n'est pas rattaché à une mission précise, clairement définis et limitée dans le temps car même si le contrat est un CDI, il serait alors possible de vous jeter comme un mal-propre à la fin du projet. 

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