Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

La danse maladive de Strasbourg

14 juillet 1518, un étrange phénomène s'abat sur la ville de Strasbourg. Frau Toffea se met alors à danser en pleine rue. Son mari la somme d'arrêter mais elle n'arrive pas. Malgré la fatigue et les pieds en sang, elle continuera de danser sans s'arrêter, sauf pour de courtes siestes. Cela aurait pu s'arrêter à ce fait divers anecdotiques et pourtant, le 25 juillet, 50 personnes ont rejoint la danse.  Ce n'est pas une danse de plaisir, John Waller, historien de la médecine et auteur du livre de référence en la matière "The Dancing plague", les décrit ainsi : « le regard vague ; le visage tourné vers le ciel ; leurs bras et jambes animés de mouvements spasmodiques et fatigués ; leurs chemises, jupes et bas, trempés de sueur, collés à leurs corps émaciés ». 

La mairie décide d'en tirer partie et donne de l'espace sur la place public pour les danseurs, fait appel à des musiciens professionnels et c'est partie pour le festival... sauf que cette projection et cet intérêt ne fit que propager les victimes de cette étrange maladie. A son apogée, ils furent 400 personnes infectées. Chaque jour, une quinzaine de danseurs mourraient de fatigue, de déshydratation et d'accident cardio-vasculaire. La mairie comprit très vite son erreur et cessa toutes festivités et les interdit aux gens de s'en approcher. Les médécins du Royaume sont alertés. L'étude de l'époque met ça sur le "sang chaud" mais bon... c'était la médecine de l'époque. Paracelse, médecin et alchimiste de l'époque, a eu le mérite d'identifier Fau Toffea comme le patient zéro. Mais aujourd'hui encore la raison de cette danse macabre est inconnue et interloque les médecins et scientifiques qui s'y penchent. Ce n'est pas une légende tant l'évenement est documenté dans les registres de la ville, par les historiens, les médecins de l'époque accumulant notes et témoignages.

La maladie cessa quelques semaines après son arrivée alors qu'on emmena les danseurs à Saverne pour une cérémonie en l'honneur de Saint Guy, dont le culte veut qu'il répand ou protège les gens de la maladie. Dans le cas présent, ils voulurent prier pour que la maladie cesse... ce qu'elle se fit. John Waller conclut à une hystérie collective en rappelant que cela touche des gens vulnérables psychologiquement et croyant (notamment sur les châtiments divins). Or Strasbourg a été touché par de nombreuses famines et d'épidémies peu avant l'accident, ce qui a du affaiblir les gens et les pousser dans ce délire. La croyance en Saint Guy était fortement ancré et ils pouvaient s'affliger cela en somatisant s'imaginant à une maladie divine. Mais rien est sûr, on parle également d'ergotisme (infection du seigle) mais les symptômes sont étranges. 

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