Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

Les mystérieuses cités d'or et l'Eldorado

Haaaaaaaa aha aha , Esteban, Zia, Tao, les cités d'or. Aujourd'hui, on va s'intéresser au mythe qui a fait rêver bon nombres d'explorateurs, celui des mystérieuses cités d'or.

Il est bon de vérifier ce qui est à la source du mythe. Espagne, 1150, les Maures, tribu berbère musulmane d’Afrique du Nord, envahit le sud du pays et notamment assiège la ville de Mérida. La ville est évacuée, les armées s’y affrontent. Pourtant 7 évêques et quelques religieux ont disparus. La légende raconte alors qu’ils partirent à l’ouest pour sauver leur vie mais également mettre à l’abri certaines reliques sacrées. A l’Ouest, chaque évêque créèrent sa cité-état et ces dernières prospéraient dans l’opulence de richesses (on n’avait pas encore découvert l’Amérique et l’Ouest était encore un grand mystère sujet à plein de mythes). Les villes principales seraient Cíbola et Quivira. De là, la croyance de cités d’or à l’Ouest se propagea mais ne tient pour suite qu’une fuite de religieux et de disparitions de reliques. Dans une période de guerre avec l’invasion arabe, je pense qu’il y a hélas des explications plus rationnelles et funestes. Néanmoins, avide de richesse, le Vice-roi Antonio de Mondeza de la Nouvelle Espagne (Mexique et une bonne partie de l’Amérique de l’Ouest) organisa deux expéditions, en 1539 et 1540. La première fut menée par un moine franciscain nommé Marcos de Niza qui prit comme guide un esclave maure nommé Esteban (ou Estevanico en espagnol). Ce dernier prétend avoir entendu les indigènes parler de cités riches. De Niza l’envoie alors en reconnaissance avec 400 amérindiens… Et il se fit tuer avec d’autres membres de l’expédition, là où d’autres avaient fui. De Niza invita le Vice-Roi à financer une seconde expédition et pour le convaincre, il prétendit avoir vu au loin une grande cité où les habitants utilisaient des plats d'or et d'argent, décoraient leurs maisons de turquoises et possédaient de fabuleuses perles, émeraudes et autres splendides gemmes. On a les traces de cette déclaration dans son journal aujourd’hui conservé dans les Archives de Séville. Evidemment, se sentant touché au but, le Vice-Roi accepta. Francisco Vásquez de Coronado prit la tête de l’expédition. Ils traversèrent le pays jusqu’en Arizona, suivant les indications de De Niza. Ils arrivèrent…nulle part. Selon les indications de De Niza, ils devaient voir la mer et au loin la riche cité mais les cotes étaient beaucoup trop éloignées et aucune cité n’était en vue. Les soldats maudirent le moine. Tout était faut alors ? Par forcément, dans leur expédition, les Hommes de Vásquez de Coronado découvrirent le grand canyon (toujours en Arizona) et trouvèrent ce qui pourrait être l’inspiration de la cité d’or. Il s’agirait en réalité des pueblos d’argile poussiéreux des Zuñi, demeures hautes de plusieurs étages, ingénieusement bâties dans le canyon. On suggère que de loin, la paille mélangée à l'argile ait pu scintiller, donnant l'impression à un observateur distant que les bâtisses étaient en or. Cela dépita le moral des conquistadors en quête de richesse mais n’abandonnèrent pas pour autant leurs croyances sur les cités d’or… L’idée fit son chemin que les fameuses cités d’or n’étaient pas en Amérique du Nord mais peut-être plus au Sud et se mélangeraient alors avec le mythe de l’Eldorado.

Lors de son voyage aux Indes, Marco Polo y décrit une cité d’or. Il s’agissait en réalité des pagodes aux toits d’or de Birmanie, qui est un haut lieu religieux du bouddhisme. Et donc ? Que vient faire les Indes ici ? Hé bien, il faut se rappeler que Christophe Collomb pensait trouver une nouvelle route vers les Indes sans avoir à faire le tour de l’Afrique. Lorsqu’il arrivait aux US, il chercha donc la fameuse cité d’or décrite par Marco Polo. Il tomba alors sur une tradition Chibcha, une tribu indienne pré-colombienne. Selon les sources, soit une fois par an, soit lors de l’intronisation, le chef de la tribu Chibcha se faisait recouvrir de poussières d’or pour être étincelant et briller tel le Soleil car il était considéré comme le fils du Soleil et nommé Le Doré (El dorado, en espagnol). Il devait alors nager dans le lac sacré de Guatavita pendant que son peuple y balance des objets précieux. Le lac existe toujours et de nombreuses preuves et notamment objets précieux attestent que ce fut une réelle pratique et non un mythe. Cela alimenta la croyance de peuples tellement riches qu’ils pouvaient jeter l’or dans les lacs. Par conséquent, de nombreuses expéditions sont organisées en territoire incas et chibcha et leur permirent de trouver de larges trésors. Mais jamais de cités d’or ! Depuis, c’est devenu le mythe qu’on connait tous.

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