Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

Le métier de Sorcière

La période d'Halloween est terminée, adieu fantômes, citrouilles, vampires, momies et sorcières... Vraiment ? Et si je vous disais que parmi ces éléments se trouvent un réel métier reconnu dans un pays du monde, me croiriez-vous ? Je ne parle pas de la croyance mais vraiment d'un statut officiel, déclaré, payant des taxes, bref une réelle profession. Je pense que le titre est assez parlant, c'est évidemment le métier de sorcières. Mais où est-ce donc ? Quel est ce pays qui a reconnu cette pratique ? 

C'est en Roumanie ! Dans une étude de 2015 de l'Ecole nationale d'études politiques et administratives de Bucarest, 40% des roumains déclarent consulter une sorcière que cela soit occasionnel ou régulier. Là-bas, les bureaux ont pignon sur rue, on les voit à la télé, la sorcellerie est vraiment ancrée dans les mœurs de ce pays. Mais qu'entend-on par sorcellerie exactement ? L'offre est variée, cela va de la traditionnelle séance de divination jusqu'au jet de malédiction et bien entendu, sa contre-partie, se libérer du mauvais sort. C'est un pays très superstitieux et ce n'est pas incompatible avec la religion orthodoxe massivement présente. Quand elle jette des malédictions, les sorcières demandent pardon à Dieu, dans les rituels, y a des références à la religion. C'est un mélange des genres assez atypiques qui est toutefois devenu un réel business. En 2011, Oana Zavoranu est une star de télé et cette dernière pense que sa belle-mère lui a jeté un sort. Elle va alors voir une sorcière pour lui demander de la libérer. En échange, la sorcière demande pas moins de 200 000€... et le pire est que l'affaire se fait. Sauf que Oana Zavoranu ne trouve pas de changement manifeste et va demandé un remboursement. La sorcière refuse en disant qu'elle a pratique le rituel de libération, la prestation ayant été consommé, il n'y a pas de remboursement possible. L'affaire se prolonge au tribunal (pour info, elle a perdu le procès et ne sera pas remboursée), les médias s'en mêlent et est porté à l'attention du grand public...mais pas que. Le fisc est interloqué par cette affaire et se demande pourquoi les sorcières ne paient pas de taxes outre l'impôt sur le revenu, alors même qu'elles offrent des services entre guillemet "commerciaux".  La réponse est simple, il n'existe pas de profession ni de statut encadrant cette pratique et ce n'est donc pas à proprement parlé un travail. Tout cela est fait de façon informelle et privée. Qu'à cela ne tient, en 2012, la Roumanie dote les sorcières d'un véritable statut, se classant dans les prestations de service. Les sorcières sont donc tenues de se mettre sous ce statut sinon cela sera désormais considéré comme du travail au noir et donc sanctionnable mais surtout elles seront surtout taxés comme toute bonne société et entreprise. 

En résumé, le statut de sorcière existe donc pour des raisons fiscales mais cela ne change rien à cette pratique existant depuis des années dans le pays. Et c'est quand même de se dire que "oui, on peut réellement être sorcier".  

Tags : CuriositéCroyanceRoumanie