Au comptoir du savoir

Disclaimer:

Je tiens à préciser que mon but n'est pas de concurrencer des sites comme Savoir Inutile ou Se Coucher Moins Bête qui sont pour moi des sites de références en la matière. Il faut plus voir ceci comme une base de connaissances et de savoirs qui ont retenu mon attention.
J'insiste également sur le fait que ces savoirs ont été valables lorsque je les ai écrit mais que depuis, ils ont pu changer.

Le Graal

Oh Da Vinci Code, que fais-tu ? Ce livre émet la théorie que sangreal veut, en fait, dire sang real soit sang royal en référence au roi des juifs autoproclamés, Jésus de Nazareth (et ce n'est pas le premier à soumettre l'hypothèse). C'est beau... Mais en fait, à la base, le Graal n'a rien à voir avec Jésus. Le Saint Calice et le Graal sont en réalité deux artefacts distincts.

Le Graal vient du latin médiéval qui désigne un plat large et peu profond (pas trop la forme d'une coupe donc mais plus d'un plateau). Chrétien de Troyes, l'auteur originel des légendes arthuriennes, le considérait comme un plat à poisson. Rappelons que le poisson est un symbole chrétien et c'est pour cela qu'il l'a choisit plutôt que le plateau à viande. Nous tenons cette anecdote d'un inventaire effectué après sa mort sur ses notes. Et si Arthur cherchait vraiment le Graal, il saurait où le trouver. En effet, dans l'histoire originel du Graal, Perceval se rend chez le roi pêcheur et est soumis à un test. On lui présente une lance avec des gouttes de sang perlant sur la lame, des chandeliers d'or et un graal. Dans cette histoire, le graal est la représentation du chaudron de Dagda, un dieu de la mythologie celtique irlandaise, qui symbolise la souveraineté, l'abondance et la résurrection. Hélas, Perceval échoue l'épreuve puisqu'il garde le silence devant cette apparition, au lieu de demander pourquoi la lance saigne et à qui on apporte ce récipient. Il va narrer cette histoire à Arthur et à un ermite et ... c'est tout. Vous pouvez retrouver cette légende dans "Perceval ou le Conte du Graal" de Chrétien de Troyes. C'est quand même beaucoup moins sexy.

Il faudra attendre Robert de Boron, un clerc franc comtois, au début du XIIIe siècle, pour que ce dernier détourne l'histoire pour servir sa propagande religieuse et fasse du Graal, le Saint Graal, assimilable au Saint Calice dans "L'Estoire dou Graal". Et ensuite les continuateurs (personnes qui complétaient l'oeuvre de Chrétien de Troyes par d'autres ouvrages et histoires) s'y sont donnés à cœur joie. Après, ils ont fait une excellente histoire mais voilà, si on est puriste, Graal ≠ Saint Calice.

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